THE LAST HOUSE ON THE LEFT - Année : 2009


RÉALISATION: Dennis Iliadis
SCÉNARIO: Adam Alleca et Carl Ellsworth
AVEC: Monica Potter, Sara Paxton, Tony Goldwyn, Garrett Dillahunt et Riki Lindhome

CRITIQUE :

Rarement l’idée d’un remake aura fait autant de sens, à mon avis. Non seulement, cette nouvelle mouture améliore un film que j’ai détesté, mais il m’a fait rendre compte, à contrecœur, que la version de Wes Craven avait bien quelques qualités.

La famille Collingwood part en vacances dans leur chalet, situé au beau milieu de nulle part. Mari décide de laisser ses parents seuls et d’aller voir son amie Paige. Elles feront la connaissance de Justin, qui est en fait le fils d’un dangereux criminel recherché par la police. Son père et ses deux acolytes décident de se débarrasser des jeunes filles, mais les choses tourneront mal et elles se feront violer et tuer. Les voyous trouvent une maison sur le chemin du retour et demandent l’hospitalité aux occupants. Ce qu’ils ignorent, c’est qu’ils sont chez les Collingwood et lorsque ceux-ci apprennent ce qui est arrivé à leur fille chérie, ils font goûter aux criminels leur propre médecine.

Le remake de The Last House on the Left ne pourrait être une meilleure chose. À mon avis, l’original était un film médiocre, tourné avec amateurisme. Le réalisateur Dennis Iliadis reprend cette bête dure et sauvage pour lui offrir un "makeover" complet, surtout une job de « body »! The Last House on the Left délaisse le côté faux documentaire amateur et cowboy pour faire place à un long métrage qui a du bon sens. Iliadis procure au film un visuel plus léché et recherché que son prédécesseur. Cependant, le tout ne diverge guère du genre de films qu’Hollywood nous régurgite souvent. Bien que le rafraîchissement fasse du bien, le remake n’apporte rien de visuellement nouveau et ne réinvente pas le genre. En fait, artistiquement, les deux versions ne pourraient pas être plus à l’opposée l’une de l’autre, que ce soit le visuel, la musique, le jeu d’acteurs, la photographie et j’en passe.

Ce qui est ironique, c’est que j’aurais aimé que la nouvelle version possède un peu de ce caractère cru et indécent du film de Wes Craven. Force est d’admettre que l’original avait du chien, était différent. Le remake réussit parfaitement à intégrer des scènes dures à regarder, cependant, c’est le genre de long métrage où pousser la chose un peu trop loin est idéal. Par exemple, dans l’original, la mère séduit un des meurtriers et commence à lui faire une fellation pour finalement lui arracher le pénis avec ses dents. Dans le remake, la mère tente toujours de séduire un des criminels, mais au revoir la scène de fellation. Le meurtre, même s'il est divertissant, est assez générique et ne sort pas de l’ordinaire. Le génie derrière l’idée de la fellation ne tient pas de la perversité, mais plutôt dans l’analyse des personnages, voir jusqu’où ils sont prêts à aller, jusqu’où la barbarie peu prendre le dessus sur l’homme civilisé en nous. Le commentaire social de l’original perd donc ici tout son impact.

Bien que le tout soit adouci comparativement à la version de 1972, l’horreur est quand même extrêmement puissante et dure. De plus, Iliadis ajoute énormément d’intensité dramatique, chose qui manquait cruellement au film de Craven. Bien beau faire dans le « trash », mais il faut quand même apporter une certaine dose de compétence artistique. Les meurtres sont délectables et apportent une certaine jubilation au spectateur, autant à cause du gore que du sentiment de justice qui exalte en nous. Le genre de meurtre où l’on pousse facilement un « Oooh » lorsque le moment juteux arrive. Mais une scène qui est particulièrement mémorable est lorsque le père examine sa fille pour ensuite lui prodiguer les premiers soins. Son père, comme dans l’original, est médecin et il devra guérir sa fille avec les moyens qu’il peut. À faire frissonner.

The Last House of the Left n’est pas le meilleur de sa catégorie, mais est l’un des remakes les mieux réussis et justifié. Peut-être que dans vingt ans, la mode ne sera plus de faire des remakes, mais de les mixer tellement il y en aura. Je verrais bien un film mélanger le talent artistique de cette version avec la brutalité et l’irrévérence du film de Wes Craven.

NOTE : 5 sur 5

DISTRICT 9 - Année : 2009


RÉALISATION: Neil Blomkamp
SCÉNARIO: Neil Blomkamp et Terri Tatchell
AVEC: Sharlto Copley, Jason Cope, David James, Vanessa Haywood et Kenneth Nkosi

CRITIQUE :

Peter Jackson a peut-être fait la gaffe de sa vie. Il a déniché et donné un coup de pouce à un réalisateur avec autant, sinon plus, de talent que lui! Avec son premier film, l’élève vient de littéralement torcher le maître.

Il y a près de vingt ans, la ville de Johannesburg, en Afrique du Sud, reçut la visite d’un vaisseau spatial. À l’intérieur, les humains trouvèrent une population extra-terrestre malade et sur le bord de la mort. Les dirigeants de la Terre les ont donc accueillis et installés dans des bidons-villes temporaires. Mais après vingt ans, la population humaine de Johannesburg est sortie de sa lune de miel et insiste pour que la population extra-terrestre soit déplacée loin d’eux. Cette nouvelle race est persécutée de toute part et vit dans des conditions, sans jeu de mots, inhumaines.

C’est au point où le gouvernement décide de les déplacer dans une espèce de camp de concentration. C’est en ce jour fatidique de la relocalisation que Wikus Van De Merwe, chef du projet, vivra un événement qui changera le cours de sa vie et de l’humanité. Le scénario de Neil Blomkamp et Terri Tatchell fonctionne un peu comme un épisode de The Simpsons.

Les scénariste de cette émission ont le don de nous présenter une histoire bien construite pour faire un 180 degrée imprévisible dès le deuxième acte. On nous emmène vers le point A pour nous faire complètement virer de bord vers le point B. District 9 est exactement pareille. Mon résumé ne parle en fait que des vingt premières minutes du film. Mais je ne peux pas vous parler de la suite sans vous révéler la véritable histoire de District 9, qui viendra vous emmener complètement vers l’inconnu.

Blomkamp et Tatchell ont écrit leur scénario de manière à constamment venir nous surprendre. On ne sait jamais vraiment ce qui va se passer. Bon, parfois tout est un peu trop arrangé avec le gars des vues, mais on est tellement absorbé que, au bout du compte, on s’en contrefiche. Neil Blomkamp n’est pas le seul talent pur à être découvert. Pour ceux qui auront vu le film, est bien devinez que District 9 est en fait le premier film de Sharlto Copley, celui qui joue le rôle principal. Cet acteur est tout simplement phénoménal!

Au début, il réussit complètement à nous le faire prendre peu au sérieux. Il semble mal à l’aise devant une caméra, il passe un peu comme un figurant qui aurait été jeté dans une cage aux lions. Mais plus le film avance, plus son jeu évolue pour faire place à un talent incroyable. Au début, Wikus est un simple bureaucrate minable qui vit un "power trip". Il détruit les œufs des extra-terrestres, les évacuent de leurs maisons, les regarde comme de simples bêtes, bref, un moyen trou-du-cul! Mais lentement, subtilement, il parviendra à venir chercher la sympathie du public.

Le genre d’acteur qui pourrait vendre un frigidaire à un Eskimo. Je ne sais pas si Blomkamp a toujours eu ce goût ou bien si c’est Peter Jackson qui l’a influencé, mais District 9 contient du gore, en veux-tu, en v'là! Des carcasses d’extra-terrestres disséquées, des humains qui éclatent en explosion de jus à profusion ainsi que des maquillages à couper le souffle.

De plus, les effets spéciaux sont incroyablement bien réussis, même parfaits! Avec des plans toujours un peu flous et granuleux, pour garder constance avec le style documentaire du film, les extra-terrestres paraissent plus vrais que nature. Durant les dix ou quinze premières minutes, si j’avais vu ce film à neuf ans, je l’aurais pris pour du cash. C’est à ce point réussi. Sans trop révéler l’histoire du troisième acte, disons seulement que Blomkamp nous livre un film d’action haut en couleur. Micheal Bay peut aller se rhabiller, embarquer dans sa voiture, conduire, arrêter sur le pont et se pendre avec une corde sur laquelle est accrochée une feuille ou il est inscrit: « Je meurs dans la honte…et j’ai un petit pénis! ». C’est alors que l’on peut voir en action le fameux robot de la bande-annonce qui semble un mélange entre l’exosquelette d’Aliens et d’un Goliah dans Starcraft. Cette portion du film vient carrément nous donner le coup de grâce et nous achever avec des scènes de fusillades et de poursuites qui nous font penser un peu à une version horrifique de Black Hawk Down. 2009 est l’une des années les plus fructueuses pour le cinéma d’horreur.

NOTE : 4,5 sur 5

DRAG ME TO HELL - Année : 2009


RÉALISATION: Sam Raimi
SCÉNARIO: Sam Raimi et Ivan Raimi
AVEC: Alison Lohman, Justin Long, Lorna Raver, Dileep Rao et David Paymer

CRITIQUE :

Personne ne réalise des films d'horreur comme Sam Raimi. Personne!

Christine Brown (Alison Lohman) travaille dans une banque et lutte avec un collègue pour obtenir une importante promotion. Dans le but de rassurer son patron sur sa capacité à prendre des décisions importantes, elle refuse d'accorder un prêt à une vieille gitane qui perd ainsi la possession de sa maison. Frustrée et humiliée, la vieille dame jette un mauvais sort à Christine. Ne prenant pas la menace au sérieux a priori, Christine se rend rapidement compte que le sort de la vieille dame fonctionne.

En s'informant auprès d'un médium, Christine apprend que la malédiction qui la hante est destinée à l'expédier en Enfer dans trois jours! En plus de devoir lutter contre des esprits démoniaques, la jeune femme devra trouver une solution pour ne pas visiter l'Enfer prématurément. Pour plusieurs, Drag Me To Hell est une curiosité horrifique réalisée par le mec responsable de la trilogie Spider Man! Mais pour les vrais amateurs de cinéma d'horreur, Drag Me To Hell marque le retour d'un enfant prodige, un retour qui s'est fait attendre trop longtemps! Effectivement, après un hiatus de seize ans, Sam Raimi effectue un retour au genre qui l'a vu naître grâce à la trilogie culte The Evil Dead.

Et si Raimi avait besoin d'une pause aussi longue pour concocter un film démentiel comme Drag Me To Hell, je ne vois aucun inconvénient à patienter un autre seize ans avant son prochain film d'épouvante! Au cours des dernières années, Raimi s'est peut-être éloigné du cinéma d'horreur pour réaliser des blockbusters au budget démesuré, il n'a toutefois rien perdu de son talent et prouve avec Drag Me To Hell que l'horreur est le genre qu'il maîtrise le mieux. Drag Me To Hell c'est du Sam Raimi tout craché. Les amateurs de The Evil Dead et surtout de ses suites, Evil Dead 2: Dead By Dawn et Army Of Darkness seront heureux de constater les similitudes qui rattachent son dernier opus à sa trilogie culte. En fait, Raimi nous propose le même style totalement délirant, alliant horreur et humour slapstick avec une aisance incomparable tout en y ajoutant un contenu d'épouvante fort efficace. Drag Me To Hell se veut un peu un Evil Dead grand public, sans que Raimi n'ait à diluer sa vision. La mentalité est la même, seuls les moyens techniques du réalisateurs ont changé. Faisant fit des tendances et des styles à la mode, Raimi nous offre un vrai bon film d'horreur rafraîchissant.

Drag Me To Hell ne tente pas de surpasser le dernier film de torture, de rendre hommage à tous les slashers des années 80 ou à ressusciter une mentalité cinématographique révolue, il se contente d'en mettre plein la face aux spectateurs pendant 90 minutes. Drag Me To Hell est une succession électrisante de scènes dégoûtantes, effrayantes, hilarantes ou totalement hypnotisantes. Sans jamais faire dans le mauvais goût outrancié, Raimi réussit à dégoûter avec une abondance de schmu, de mucus, de dentier cassé ou tout autre dégouli corporel! Le cinéaste utilise sa caméra pour se faufiler dans l'action et ainsi créer une atmosphère inquiétante. Il joue aussi beaucoup avec la bande-son en plus d'utiliser à bon escient l'excellente trame musicale de Christopher Young (Hellraiser, Urban Legend) créant ainsi un véritable événement cinématographique. Ces techniques, avec lesquels Raimi avait expérimenté lors des trois Evil Dead, sont vachement efficaces maintenant que le cinéaste a gagné en expérience.

Drag Me To Hell regorge de scènes destinées à devenir des classiques. La plus mémorable est celle de la première confrontation physique entre Christine et la vieille gitane. La scène en question se déroule entièrement à l'intérieur de la minuscule voiture de Christine. En quelques minutes, Raimi nous balance son arsenal horrifique et comique, ce qui donne une des scènes les plus spectaculaires récemment tournées.

La scène est d'autant plus brillante, puisqu'elle annonce subtilement tous les calvaires que subira Christine pour la durée restante du film. Et croyez-moi ils sont nombreux!! Chapeau aussi, à Raimi pour une finale des plus satisfaisantes! Et ça, c'est sans parler de la chèvre parlante!! Sam tu nous a manqués!!! Loin de la pression engendrée par la production de méga blockbusters et bénéficiant d'un budget équivalent à moins de 4% de celui de Spider Man 3, Sam Raimi s'est donné comme mission de s'éclater et de revenir à ses racines de cinéaste plus modeste. Raimi a visé juste et vous seriez stupide de manquer le bâteau! Drag Me To Hell est un divertissement quasi parfait, dépêchez-vous d'en profiter... En espérant ne pas attendre encore seize ans avant que Raimi nous concocte un autre bijou horrifique!!

NOTE : 5 sur 5